La seconde main : Un phénomène de premier plan dans le Retail

Portant de vêtement de seconde main

Pour ce nouveau rendez-vous actu immo, on aborde le renouveau de la seconde main dans le retail ! Entre digitalisation et évolution des attentes des clients, les enseignes doivent se réinventer. Avec Pascal Karsenty – Fondateur Responsable des Enseignes des Allées du Commerce, retour sur un phénomène à la jonction entre l’immobilier commercial, les fantastiques possibilités du digital et les nouvelles valeurs d’une clientèle connectée et responsable.

Bonjour à tous ! Nous voulons vous parler aujourd’hui d’un phénomène qui opère un grand retour dans le retail depuis quelques temps : celui de la seconde main. On l’a longtemps cru réservé à des friperies alternatives ou à l’action humanitaire, mais c’est devenu un vrai marché aujourd’hui avec un chiffre d’affaires de plus de 1,25 milliard d’euros en 2018. Il méritait qu’on s’y attarde car il est révélateur d’un mouvement plus profond, auquel les enseignes doivent s’adapter.

Seconde main et retail : quelles sont les raisons du succès ?

Comme souvent dans le renouveau commercial, l’impulsion vient du digital. L’application Vinted, venue de Lituanie, est aujourd’hui leader en France et le marché est loin d’être saturé. Aujourd’hui les enseignes rebondissent et s’emparent du phénomène. Si la principale motivation reste le prix pour 75% des acheteurs, une étude du cabinet Kantar a montré que 43% des adeptes de la seconde main sont motivés par des raisons écologiques. Les gens achètent moins de vêtement et beaucoup privilégient désormais les achats “durables”. C’est un signe qui ne trompe pas.

Seconde main : une réponse éthique aux attentes des clients ?​

Economiser les ressources de la planète, être durable, éthique… Ce sont des termes que l’on a vu souvent apparaître cette année. Le positionnement responsable des marques ou des enseignes, et notamment des marques textiles, a un impact de plus en plus important sur les décisions d’achat. La fast-fashion n’est pas morte mais elle est fragilisée parce que les clients veulent des achats durables, qui laissent moins de place à l’impulsion et plus à la raison. Vendre des produits d’occasion, mettre en place des services nouveaux comme par exemple l’abonnement que propose la marque de chaussures françaises Bocage… Tout cela nourrit la réflexion et démontre que de nouveaux modèles économiques plus complexes, combinant différentes approches, doivent être mis en place.

La seconde main est-elle un danger pour le retail textile ?

Eric Mertz, le président de la Fédération nationale de l’habillement résume bien la situation quand il dit que “revendre des produits de seconde main ce n’est pas du tout se tirer une balle dans le pied (…) C’est une façon de montrer que l’on a compris le marché, que l’on a écouté et entendu les consommateurs”. Il a raison : 40% des clients en France ont acheté en seconde main en 2019… mais la grande majorité d’entre eux l’a fait sur Vinted, preuve que la seconde main n’a pas encore totalement intégré les boutiques.

Et le digital ?

L’influence du digital se fait sentir. On voit émerger de nouvelles marques, de nouvelles enseignes, de nouveaux types de commerces qui mettent en avant ces principes durables et écoresponsable, alliant la volonté du local, du Made in France, à des espaces de vente qui mixent services et boutiques. Et si c’est sur le web que tout a commencé, les grandes enseignes empruntent le même chemin. Auchan, Décathlon, Kiabi s’y mettent et le succès est là. Même si le prix reste le moteur principal, cela renforce la prise de conscience responsable du public.

Quelles solutions apportez-vous à vos clients retailers ?

Comprendre le modèle phygital pour donner aux enseignes les réponses qu’elles recherchent, c’est l’expertise des Allées du Commerce. L’expérience acquise dans ce domaine nous permet de répondre à des marques et des enseignes de toute taille. Le phénomène de la seconde main, c’est un signal. Pas une simple tendance, une mode venue du digital pour disparaître ensuite. Non. Ça répond aux attentes des publics en matière d’écoresponsabilité, d’engagement contre le gaspillage et la consommation à outrance. Pour moi, les années à venir vont voir le fonctionnement du commerce et des magasins se modifier en profondeur. Le “monde d’après”, il faut le penser dès maintenant, sans attendre. Et Les Allées du Commerce sont là pour ça.

Avez-vous un exemple concret ?

La marque Ba&sh a développé un concept très intéressant. Elle propose à ses clientes un système de location de vêtement dans un esprit de durabilité et de préservation des ressources. Le concept est simple : on choisit sa tenue et réserve une date de livraison, on profite des vêtements pendant 4 jours avant de renvoyer les pièces. C’est malin et ça marche. Elles peuvent aussi se faire livrer des vêtements pour un essayage personnalisée chez elle, avant de faire un achat définitif. L’idée est pertinente et efficace, elle véhicule les valeurs positives de la marque, permet de générer du trafic et de l’animation phygitale en boutique. Les Allées du Commerce a installé la marque rue Longchamp au coeur le Carré d’Or niçois, et dans le centre ville de Marseille, sur la très prisée rue Paradis. Installer des enseignes sur des emplacements prime est un domaine dans lequel les Allées du Commerce excelle.